Entretien avec Maud Garnier – réalisatrice

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Maud Garnier est la réalisatrice de « 15 francs, des fleurs et une culotte » et arrive à Brest vendredi à 14h, pour le festival du film court.

Emmanuelle Dauné: Est-ce votre premier court métrage ? Il y a toujours beaucoup de pression autour d’un premier film…

Maud Garnier: Non, ce n’est pas mon premier court… mais le premier était raté et je pense que c’est effectivement difficile de rebondir… mais c’est possible de se planter une fois, ça dépend des rencontres, des gens qui sont capables d’entendre qu’on peut se tromper de temps en temps et aussi de comprendre ses erreurs, et puis faire en sorte de ne plus recommencer les mêmes !

ED: Quelle est l’idée de départ ?

MG: L’idée de base était : qu’est-ce qui se passe quand on oublie le prénom de l’autre ? Qu’est-ce qui se passe quand on oublie l’autre parce qu’on a Alzheimer, que tout d’un coup les autres autour n’existent plus et que l’on s’en rend compte la plupart du temps. Le lien social se perd et l’amour est fini… Le prénom, c’était symbolique de l’Autre que l’on oublie.

Alors, j’ai commencé à écrire une première version qui était très onirique et où il y avait très peu de dialogues.

Et puis, je suis partie en résidence à Gindou et j’ai complètement changé de façon de raconter. Mes personnages se sont mis à parler et à prendre forme.

ED: A quel moment vous est venue l’idée du titre ? Avant ou après ?

MG: Après. Je ne suis pas très douée en titres, alors je me suis souvenue de tous les éléments importants : les quinze francs, c’est important, la culotte, les noms de fleurs pour le prénom et j’ai mixé tout ça.

ED: Comment Elle s’appelle ?

MG: Je ne sais pas si je dois le dire…[sourire]

ED: Comment s’est fait le choix d’Hélène Vincent ?

MG: Je lui avais envoyé le scénario et deux jours après je la croise à Paris alors qu’elle n’est pas parisienne ! Je l’ai abordée et une semaine après -ce qui est un délai très court- elle a dit oui !

Elle était dans un désir de jouer et c’est elle qui m’a orientée vers Alain Rimoux.

Au départ, j’avais commencé par chercher un acteur homme mais je ne trouvais pas ; ceux à qui je proposais le rôle ne se voyaient pas faire ça, le trouvaient dévalorisant… J’ai donc changé et commencé par trouver la femme qui m’a mené à l’homme.

ED: Pourquoi était-ce important pour vous de garder les mêmes acteurs pendant les flash-backs ?

MG: Dans un court métrage, on n’a pas le temps de s’attacher à deux corps pour un seul personnage .C’est déjà difficile dans un long métrage quand on passe d’un gamin qui a quinze ans et qu’on le récupère quand il est adulte. Il y a toujours quelque chose qui se casse ! Pour éviter ça, dans une forme très courte, très compacte, il valait mieux un seul corps.

Par ailleurs, moi, quand je me souviens de quand j’étais petite, je ne peux pas me souvenir de mon corps de petite, je suis incapable de me souvenir de ce que c’était d’avoir un corps d’enfant… Et je me suis dit, mais lui, il se projette dans ses souvenirs, des situations, mais est-ce qu’il se souvient de ce qu’était son corps de jeune homme ?

Et après, je trouvais ça intéressant, drôle, de voir des acteurs vieux jouer des jeunes.

ED: Etre à Brest, cela signifie quoi ?

MG: Je suis très contente d’avoir été choisie ! C’est un festival important et je suis assez fière que mon film puisse être vu ici.

ED: Un nouveau projet ?

MG: Oui, un autre court. D’ailleurs, c’est pratique d’être ici car le film aura lieu en Bretagne. Il est financé par la région Bretagne et l’aide au programme du CNC… C’est un court métrage ambitieux en terme d’argent, car c’est un film historique ! Il faut qu’on arrive à trouver des costumes, des décors, et restituer un atelier de peintre, c’est un peu un challenge…

About the Author

Emmanuelle Dauné aime lire, regarder, écouter, rencontrer, picorer pour le Poulailler…et surtout « faire passer », partager une culture accessible, qui nous fait nous sentir plus vivants.

 

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