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Leonor Canales

La: parce qu’une…

Troupe: meute / famille / ensemble / groupe / chœur / ballet / théâtre…

Ephémère: instant / humble / insaisissable / vie / urgence / fragile / ça passe…

Dix-sept personnes sont là aujourd’hui au sein de cette troupe: groupe d’individus, hommes et femmes, de 16 à 50 ans, ayant ou pas un rapport avec le théâtre. Des professionnels, des amateurs, des inconnus à l’art de la scène, des amis, des solitaires, des grands et des petits. D’ici, du nord du Finistère, de Quimper, d’ailleurs… Dix-sept individus qui ont fait le pari de croire à l’idée folle que c’était possible de faire naître au bout de 18 heures de recherche, frottement, confrontation avec un texte théâtral classique: une esquisse poétique de ce dialogue entre eux et l’œuvre.

Le pari était fou, parce que rien ne dit qu’il y aurait des individus qui voudraient se prêter au jeu (à mon jeu).

Parce que ce n’est pas dit que ces individus dans un temps et espace très court aient envie de se livrer.

Parce que ce qui est demandé dans ce travail est avant tout: un exercice de vérité.

Dans ce lieu (je précise que ce n’est pas un atelier de théâtre classique où je transmets un certain nombre des savoirs, ici je désire plutôt partager un état spécifique d’être au monde, un rapport avec l’autre…), je souhaite qu’on enlève les masques pour être au plus proche de ce qui nous constitue. Et pour nous aider,  dans cet acte de dépouillement, de sincérité (et dans mon conviction intime: de résistance) nous utilisons les fantômes qui ont été créés par  Calderòn,  Valle Inclan et Lorca.

Grâce au poète, au cadre et enjeux qu’il nous donne, aux figures qu’il nous fait advenir, nous sommes obligés de nous positionner dans un état de sincérité absolue. Pour attendre et comprendre ce qu’ils nous disent, et pour accueillir en nous ce qui, aujourd’hui, pose question dans notre présent. Avec le désir de saisir l’insaisissable pour, nous aider à être plus libres  dans notre réel. C’est pour cela que chaque individu vit son expérience propre, en même temps que nous vivons une expérience commune.

Et ce jeu – démasquer les masques et penser en action – se fait, je l’espère, dans la joie du travail, du geste, du don. Dans un engagement sans concession, rare dans notre société où tout acte est « calibré ».

Si nous gagnons ce pari, le poème scénique qui nous présenterons sera fort puisque: nous!

Merci à LaTroupEphémère: Anais-Gabrielle-François-Natalia-Julie-Perrine-Camille-Claire-Hélène-Emmanuelle-Yano-Jean-Marc-Ludmila-Nicolas-Lucie-Judith-Rosemarie et à ceux-celles qui ne sont pas là, et à ceux-celles qui viendront!

Nous vous espérons le dimanche 14 décembre à 17 h de l’après-midi au première étage du Quartz (Salle Répétition)

François Soler 

L’utopie proposée par Leonor Canales nous ramène à l’essentiel. Il est question d’abandon, d’urgence, de délivrance, de renaissance, de présence, de corps, de vérité. Du coup, la pièce de Calderòn nous parle de théâtre, d’elle et de nous, de son “désir de nous“, comme elle dit. Le rêve de Leonor Canales et de ceux qui , comme Natalia Leclerc,  l’ont porté, est essentiel et nécessaire. Et, de même que Sigismond, je n’imagine pas qu’il puisse s’arrêter.

Hélène Gompertz

Petit bagage – dedans – crêpes – beurre – cahier – crayon – gomme – extrait – livre – notes – tisane-

Chaise bras passé dedans – douleur – angoisse – légèreté – envies

Avancer – tour quartz – grisaille – porte – ascenseur – rencontres – chaises – entrechocs – salle noire – fermée – monde – silence – attente – perception d’un quelque chose qui va naître.

Echauffement – souplesse – effort – travail –

Bla bla bla… on raconte l’histoire.

Energie – fluidité – fatigue –

Cheval fou – course effrénée –

Fin 1ère

Petit bagage – dedans – pomme – eau – crayon – gomme – livre – cahier –

Chaise bras passé dedans – douleur – envie – porte ouverte – jour – ascenseur – rencontres sympathiques – nouvelle salle – vue sur toits – beau ciel – Leonor – tristesse – embarras – changement salle – en avance – tanpis – tant mieux – les autres – contre jour – instruments.

Corps – voix – écoute – musique – énergie motrice – matrice – sensations.

Parler de soi – difficultés – présentation – intime – gestes – phrase – mouvements –

Extrait – émotions dans le rang –

Histoire dite –

Tas de vêtements – mise à nu – déguisements – découverte – connexion – collage – bric à brac – Rêve –

Pas s’inquiéter – confiance – oublier – heure – jour – lieu –

La vie est un rêve

La vie est un rêve

Encore …

Ludmila Besnard

Alors il y a un fort. Mais il y a aussi un prince qui vit emprisonné, et puis il devient riche, l’or, l’argent, tout ça, et puis il redevient pauvre. Il y a aussi une femme qui se déguise en homme et qui veut retrouver son honneur. Et il parait qu’il y a des mouettes, qui volent autour du fort. Il y a aussi un château, un roi. Et… », « top, le temps est écoulé ! »

Lucie Royet

On a peur, on se rencontre, on regarde, on se lance, on est différents, on se fait confiance, on raconte, on se trompe, on chante, on joue, on se concentre, on improvise, on fait le cheval, on se déguise, on attend dimanche, on s’amuse, on savoure, on vit l’instant présent et au fond de nous, on est tous un peu fous…

Louise Forlodou

La TroupEphémère est une possibilité pour chacun, comédien ou non, de venir jouer, d’expérimenter, de travailler autour d’un texte, d’un univers, à travers diverses propositions ouvertes mais cadrées ou encadrées par Leonor. Le chant des possibles. Le premier texte choisi, La vie est un songe de Caldéron, a réuni une vingtaine de personnes et autant de parties du récit mis en bouche. On le mastique, on le mâche et parfois il nous échappe. Un cercle de convives bienveillants.

Le groupe s’est créé et s’est soudé à partir de différents exercices mettant en jeu le corps, la voix et le rythme principalement, chacun avec son expérience personnelle et professionnelle, chacun chargé de son histoire, de son savoir, de ses compétences, de ses défauts qui deviennent qualités au sein du groupe.

L’aventure qui nous est proposée est unique et éphémère. Elle se nourrit d’une urgence de se retrouver et de créer des images, des tableaux, des ambiances, des sons, des mélodies, des rythmes… Elle est un espace d’échanges et de dialogues entre nous, entre des joueurs et une metteur en scène, entre des êtres et un texte. On a parlé et on parlera encore après d’urgence, de disponibilité, d’histoire unique et d’expérience(s) commune(s).

Rosmarie Nouhaud-Heim

Quelle belle expérience d’être pris dans le tourbillon de Leonor, bercés par son accent chargé de soleil.

Ton énergie est contagieuse et ces six heures de répétition passent en un instant et paraissent bien trop courtes…

Et déjà le soir arrivé et bientôt la fin de cette première aventure Éphémère que nous souhaitons durable…

Une expérience forte en émotions permettant à un groupe hétéroclite de se retrouver pour l’amour du théâtre.

Merci Leonor pour cette belle initiative et de ta confiance…

Amitiés théâtrales, Rosmarie

Natalia LECLERC
About the Author

Notre agrégée de lettres passe en revue tous les articles, les relit, les corrige. Elle écrit pour différentes revues des articles de recherche en littérature et sciences humaines et s’appuie également sur ses multiples casquettes pour développer les partenariats du Poulailler, en russe, en français, en italien… Natalia pratique le théâtre amateur et bavarde à longueur de journée (en russe, en français, en italien…).

 

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