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Dimanche, 13h57, je monte la route vers la chapelle de Brendaouez, Guissény. Brendaouez, petit hameau de charme – Guissény, côte des Légendes. 14h05, je prends le thé en terrasse, chez Maud Cabon, co-présidente du festival À Domicile, autour de la danse contemporaine. J’ai la peau tiède de soleil, le coeur tranquille tant l’air est paisible et l’accueil est doux.

Et l’histoire d’À Domicile, si le festival n’était pas dans sa huitième année, pourrait bien ressembler à une légende. Ces résidences d’artistes, dites parfois (pourquoi?) délocalisées, ressemblent, à différents niveaux, à une vie de famille. L’on pourrait se dire que c’est vraiment « sympa » tout ça… le côté démocratisation culturelle en milieu rural… oui, sauf que d’une part, ça fonctionne, et d’autre part, Mickaël Phelippeau (directeur artistique) a fait de ce festival un véritable lieu de rencontres  (on n’en attendait pas moins de sa part). Lieu qui reçoit chaque année des noms importants de la scène artistique contemporaine et qui redéfinit les frontières entre amateurs et professionnels, scène et public, artistes et quidams.

À Domicile naît en 2007 et, rendons à César ce qui lui appartient, est une idée d’Alain Michard, directeur de la Compagnie Louma à Rennes. Cet artiste, dont la transversalité de la démarche bride notre éternelle volonté de voir les créateurs appartenir à des catégories, arpente l’écriture chorégraphique, la création visuelle et signe récemment un film court « Clandestine ». Avec le CCNRB (Centre chorégraphique national de Rennes et de Bretagne, aujourd’hui devenu Musée de la danse), il élabore un dispositif où l’artiste viendrait créer in situ pendant l’été, serait accueilli chez l’habitant, proposerait des ateliers de transmission à des groupes d’amateurs mixtes, inter-génération, inter- classes sociales, et restituerait son travail le premier week-end de septembre. À l’époque, il habite le territoire et sollicite différentes communes. Guissény curieuse, Guissény intriguée accepte et se saisit du projet notamment via l’office du Tourisme.

2014 – 8ème édition. Les résidences et festivals sont depuis plusieurs années portés par une association co-présidée à cinq. Ce qui intrigue dans cette histoire, c’est justement la manière dont cette association constituée d’habitants s’est appropriée le projet, le défend auprès des financeurs publics et en assume l’organisation. Un bricolage artisanal (à entendre positivement) qui émeut et souligne la dimension humaine d’À domicile. À cet engagement se greffe le soutien du Musée de la Danse qui finance le travail d’un artiste par édition, et le Quartz, scène nationale de Brest, qui apporte une aide morale et technique.

La création, l’oeuvre d’art se situent dans la rencontre entre ces artistes invités et des habitants qui participent ou non aux ateliers proposés pendant deux semaines. Ateliers non réservés aux locaux, au sein desquels se jouent la transmission et la construction collective.

S’intéresser au festival À Domicile, c’est toucher du doigt la création d’une « communauté ».

Cette année, Jennifer Lacey, Volmir Cordeiro, Sébastien Roux et DD Dorvillier, Aude Lachaise, avec l’ensemble des personnes ayant contribué aux ateliers proposeront une restitution les samedi 6 et dimanche 7 septembre (02 98 25 67 99).

Retrouvez nos entretiens avec Volmir Cordeiro, Sébastien Roux et DD Dorvillier.

About the Author

Rédactrice et photographe. Enfant, elle a des correspondants un peu partout. Elle écrit des lettres à longueur de journée (même en classe), les envoie parfois - pas toujours. Plus tard, elle est diplômée de sciences-po Bordeaux et d'un MASTER en management du spectacle vivant.