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Issu d'une famille de musiciens réputée, Bachar Mar Khalifé s'exile à l'âge de six ans en France en raison de la guerre qui frappe son pays natal, le Liban. Après le Conservatoire de Paris, qu'il fréquente avec son frère et où il obtient le prix du Conservatoire en piano, il met dix ans à composer son premier Album, O'slick (2010), trouvant sa voie et son style avec toutes ses influences.
Son père le voit chef d'orchestre, tandis que son attrait pour les percussions, sa voix grave et ses diverses collaborations (Orchestre national de France et l'Ensemble intercontemporain; Bojan Z, Theodossii  Spassov en jazz; Carl Craig, Francesco Tristano, Murcof en électro; Kerry James en hip hop; Balval en world music), font que son style poétique hybride est unique et mêle ballades poignantes, piano technoïde et lyrisme oriental.

Bachar Mar Khalifé était programmé au Quartz, dans le cadre de l'Atlantique Jazz Festival, le 12 octobre dernier. Il a ému son public. Un retour d'expérience encore plein de cette émotion...

 

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Les souvenirs sont souvent synonymes de première fois, de choses qui marquent, qui sortent de l'ordinaire. Ce soir là, c'était ma première fois à l'Atlantique Jazz Festival, organisé par Penn ar Jazz, moi qui suis peu habitué à écouter ce style de musique, avec plutôt comme référence pour le mot "jazz" une équipe de basket américaine et le meilleur ami du "Prince de Bel-Air" dans la série de Will Smith…

J'arrive au Quartz pour l'évènement, et découvre l’impressionnante salle du Grand Théâtre, et une impressionnante sensation d'envoûtement me saisit tout de suite. L'affluence remplit quasiment le lieu, l’atmosphère d'une expérience unique basée sur l'ouverture, la rencontre, la diversité… soulignées par le joli préambule de Janick Tilly, la directrice du festival. 

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Le concert va commencer, je me retrouve assis dans un splendide théâtre pour écouter du jazz - moi qui, d'habitude, suis debout avec une bière à la main en plein air, pour profiter de la musique. Bachar Mar Khalifé arrive sur scène, avec ses musiciens, l'ambiance est solennelle, les mots et les pensées pour les pays en guerre créent une ambiance pleine d'émotions, qui se reflètent dans les morceaux interprétés, posés mais par moments déstructurés. Nouvelle prise de parole de l'artiste, qui reprend au bond les mots d'introduction de Janick Tilly, qui avait demandé "C'est quoi le Jazz?" Bachar Mar Khalifé répond que les choses sont ce qu'on veut,  chacun avec sa perception… Des notes de reggae, pour moi, suivent ce moment avec une chanson plus ensoleillée, je commence à sentir que mon fauteuil est de trop. Les chansons sont de plus en plus chaleureuses, jusqu'au dernier morceau qui devient complètement électro et renverse la salle. Tout le monde se lève, danse, sourit, se lâche… L'envoûtement réussi du concert joue son paroxysme jusqu'à provoquer un rappel. Bravo.

Voilà mon joli souvenir de l'univers de Bachar Mar Khalifé, qui m'a fait passer par toutes sortes d'émotions et a su me faire voyager à travers sa musique; je n’oublierai pas ce moment. Merci à lui et à ses artistes.

Crédit photo : Hervé LE GALL

http://www.hervelegall.fr 

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