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Anne-Claire Lainé est coordinatrice du festival Longueur d'ondes. Depuis cinq ans, elle participe à la construction de la programmation, à l'organisation de ce festival original, unique en son genre, qui célèbre la voix, la pensée, l'information, la réflexion, l'accès au savoir... la démocratie, en fait !

Anne-Claire Lainé, que signifie pour vous le verbe "écouter"?

Écouter est un état de conscience, un état d'éveil à notre environnement sonore que l'on a parfois tendance à oublier parce que noyés d'images. Si l'on prend l'exemple du paysage, c'est être dans une forme de concentration qui nous permet d'écouter tout ce qu'il offre à l'oreille.

Pour ceux qui ne la connaissent pas, pouvez-vous encore conter l'histoire du festival Longueur d'ondes?

L'histoire de Longueur d'ondes est une histoire d'amitié. Ce que réunissait ces personnes, c'était entre autres la sensibilité au son. C'était de grands auditeurs de radio qui percevaient en ce media tout un monde, tout un regard posé sur le monde. La radio était selon eux un lieu de transmission d'idées, d'émotions. Alors, ils ont imaginé une manière de faire vivre la radio autrement, avec notamment l'idée d'agora autour de la radio, l'idée d'écouter ensemble, de partager un moment sonore. Aujourd'hui ce sont des pratiques qui se développent, mais il me semble que Longueur d'ondes a joué un rôle dans le développement de ce type d'activité. Ces quatre amis étaient des précurseurs. Très vite, France Culture est devenu partenaire de ce projet, notamment parce que deux des fondateurs avaient auparavant réalisé des formes documentaires pour la chaîne.

En novembre 2003, la première édition du festival a eu lieu sous la forme d'un week-end qui proposait un temps fort autour de la radio au sens large (documentaire, musique, fiction, perspective historique...).

La dixième édition du festival a constitué une étape importante : un boum au niveau de la fréquentation, un partenariat davantage ancré avec Le Quartz qui est devenu le lieu central du festival.

Vous développez de nombreuses actions avec les scolaires. Pouvez-vous nous dire en quoi elles consistent? Que cherchez-vous à développer en touchant ce public?

Le travail avec le milieu scolaire a été présent dès les débuts de Longueur d'ondes, notamment en raison de la présence d'enseignants parmi les fondateurs. Cela se traduit par des séances d'écoute collective, puis des échanges en aval. L'idée bien sûr est de proposer aux jeunes d'apprendre à écouter, à considérer le document sonore comme une chose d'intérêt, de développer une curiosité pour autre chose que l'image. À l'appui de fonds de l'INA, de documentaires variés, nous proposons une ouverture sur la culture de l'écoute. À travers la radio, il y a aussi la transmission de contenus historiques, philosophiques... et donc un appel à la réflexion. Par ailleurs, nous organisons avec ces publics des rencontres avec des professionnels de la radio.

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Que souhaitez-vous mettre en avant pour l'édition 2016 du festival?

 Une des nouveautés de l'année, ce sont les rencontres radiophoniques documentaires : quinze heures d'échanges, de débats et de rencontres sur la question du documentaire. Dans cet axe du programme, nous retrouverons notamment un temps d'échange que nous avons appelé "La cause du peuple". La place que l'on donne à la parole du peuple a-t-elle évolué ?

À noter également, une table ronde européenne, des entretiens avec des figures célèbres de la radio (Patrick Cohen, Laure Adler, Rebecca Manzoni...), mais aussi un focus sur la "radio en lutte", la radio qui se bat pour continuer à exister. Nous accueillerons dans ce cadre la fondation Hirondelle qui défend le droit à l'information dans les pays ou la démocratie est chahutée.

Crédit photos : Sébastien Durand

About the Author

Rédactrice et photographe. Enfant, elle a des correspondants un peu partout. Elle écrit des lettres à longueur de journée (même en classe), les envoie parfois – pas toujours. Plus tard, elle est diplômée de sciences-po Bordeaux et d’un MASTER en management du spectacle vivant.

 

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