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Le dernier coup de marteau, un film d’Alix Delaporte, avec Romain Paul, Clotilde Hesme et Grégory Gadebois (durée : 1 h 22).

Mardi 3 mars 2015, les Studios recevaient la réalisatrice Alix Delaporte, venue projeter son deuxième film Le dernier coup de marteau. Cette femme énergique d’une cinquantaine d’années connaît bien la ville et ses habitants. Voici trois ans, le 6 janvier 2011, elle avait rencontré les spectateurs des Studios après la diffusion de son premier long métrage de fiction Angèle et Tony. «Brest est une ville qui compte. Je ne peux pas m’imaginer sortir un film sans le présenter ici», a-t-elle confié.

Le dernier coup de marteau, c’est une histoire d’amour filial, celui de Victor pour sa mère, Nadia, et pour son père, Samuel, qu’il n’a jamais vu. Victor a 13 ans, il aime le foot et le pratique. Il vit avec sa mère dans une caravane près de la plage, en périphérie de Montpellier. Il est amoureux de Luna, sa voisine espagnole. Il sait que sa mère est malade, il sait aussi que depuis peu son père, chef d’orchestre, se trouve dans la même ville pour diriger la sixième symphonie de Gustav Mahler. Pour la première fois, il va se rendre à l’opéra ; pour la première fois, il va le voir.

Avec naturel et délicatesse, Alix Delaporte a réalisé un film marquant par la beauté de l’image, la pudeur des sentiments et, surtout, l’élégance du regard. Ici, on dialogue, on ne parle pas pour ne rien dire et, quand les mots ne viennent pas ou sont inutiles, on s’exprime avec les yeux. Dans ce film, le maître dans l’art du regard est Romain Paul, celui qui incarne Victor. Recruté lors d’un casting organisé dans le sud de la France (celui de Paris avait été un échec), le jeune acteur excelle, tant et si bien qu’il a reçu au Festival de Venise l’une des récompenses les plus prestigieuses avec le Prix Marcello Mastroianni. Entouré par les talentueux Clotilde Hesme (Les chansons d’amour, La belle personne, Pour une femme) et Grégory Gadebois (Un village français, Le dernier gang, MR73), Romain Paul livre une interprétation époustouflante et perçante.

Aux jeux de regard, répond la musique. Elle joue un rôle essentiel dans Le dernier coup de marteau. C’est d’ailleurs la clé. La sixième symphonie de Gustav Mahler, rythmée par plusieurs coups de marteau et présente tout au long du film, marque l’existence de Victor, Nadia et Samuel. Appelée « Tragique », elle ne l’est pas forcément, car tout dépend de la manière de la jouer, tout dépend de la note finale. Le sort est suspendu à ce dernier coup de marteau. Sera-t-il présent ou absent ?

https://www.youtube.com/watch?v=Zvfh_mjPLlQ

À une époque où l’élégance devient trop rare, ce long métrage nous plonge dans ce qui est beau et fin.

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