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COMPÉTITION FRANÇAISE 1 – EMMANUELLE DAUNÉ

L’homme qui en connaissait un rayon, Corto, C’est le ciel qui vous envoie, Je suis Albert Dubreuil, Mona, Office du tourisme

Absurdes, comiques et essentiels ! On pourrait définir ainsi les personnages qui traversent les courts de cette sélection réussie. Tous sont originaux et comiques et font écho à d’autres personnages de films ou de littérature. On croit apercevoir un double de Tati ou une jolie jeune fille de chez Demy. Les prénoms sont déjà tout un programme (Béranger, Albert Dubreuil, Frère Clément, Agathe , Mona ) et de phrases en situations absurdes, on arrive toujours ailleurs que là où la journée avait commencé !

Compétition française 2 – Emmanuelle Dauné

«Le maillot jaune», «Le printemps de Bernard», «15 francs, des fleurs et une culotte», «Senshin», «To be delivered» composent la compétition française n° 2. Tous ces films mettent en scène des duos étonnants. Mais mon coup de coeur va à « 15 francs, des fleurs et une culotte ». Déjà le titre est singulier ! Ensuite, là encore, un couple ! Anatole est d’abord une voix qui égrène des prénoms féminins avant même qu’on ait son image. Déjà, notre imagination s’emballe, un Dom Juan ? Mais non : Anatole, en marcel et slip blancs, déjà vieux ,fait son café, et sa femme le rejoint. Ces deux-là s’aiment encore, cela se voit. Ils ont leurs rituels, ils se rappellent leur rencontre, rient et couchent toujours ensemble. Les acteurs ne sont pas remplacés par des acteurs plus jeunes dans les flash-backs et tant mieux ! Hélène Vincent est aussi bien jeune fille espiègle, qu’une épouse mûre et repère.Ce portrait de «vieux» couple est déjà sensible et original en soi ; mais en filigrane, se dit quelque chose de grave : qu’est-ce que le temps fait à l’amour ?


Compétition française 3 – Natalia Leclerc

La météo des plages, Sans les gants, La fille de Baltimore, Charclo, Gli immacolati

Comme fil conducteur, cette compétition pourrait avoir la violence – réelle ou symbolique. Violence aussi liée dans plusieurs films à l’amour.

Seul un film parle de violence pure – violence réelle, vécue, subie, rendue. Et interroge la possibilité de répondre autrement que par la violence.

Dans les autres films, l’amour se décline sous ses différentes facettes : amour maternel de deux femmes qui ont malgré tout besoin d’un homme pour faire un enfant ; amour jeune et violent d’un garçon qui a trouvé une autre voie que le deal pour sortir de sa banlieue ; amour d’une fille pour son père qui, elle, doit entrer dans sa banlieue et y trouver sa place ; amour et sexualité d’une jeune fille de famille traditionnelle.

À ces sentiments répondent des formes de violence dont la moins sanglante n’est pas la moins poignante : celle du pote qui refuse un bébé à sa copine et doit décider d’aider ses amies en mal d’enfant ; celle du boxeur qui ce cesse d’affronter, même hors du ring, et peut-être plus en bas de son immeuble que sur le ring d’ailleurs ; celle de la peur, que Sarah doit surpasser, dans un savoureux quiproquo qui doit terrifier sa mère ; celle d’une population en colère contre les étrangers pas d’chez nous.

Toutes ces violences semblent inévitables, qu’elles mènent au pire, ou qu’elles soient salvatrices. Et notre société qui se dit civilisée !

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