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Les anciens du gang ont tombé les djellabas, les babouches et les turbans affirmant nettement des allures plus urbaines. Les nouvelles recrues confortent cette évolution de style, en jean’s, basket, chemise, veste à carreaux bigarrée et chapeau. De Youssef Boukella, du canal historique (depuis l’Algérie), à Basile Theoleyre, p’tit dernier parisien de la bande, l’Orchestre National de Barbès version 2014 demeure une équipe « black blanc beur » bien vivante sur scène.

L’appréhension était pourtant réelle en descendant les escaliers du Vauban, en cette avant-veille de Toussaint, de ne plus ressentir les premiers émois de la découverte, il y a dix-huit ans. La formation comptait alors parmi ses membres fondateurs des musiciens charismatiques comme Larbi Dida et Aziz Sahmaoui, pour répandre ses ondes festives de trans. Une fusion nouvelle de musiques nord africaines (châabi, raï, gnawa) habillées de rock, de jazz et de reggae.

Formé en 1995 dans un pays qui revendiquait une certaine réussite de l’intégration maghrébine, l’ONB agrégeait des musiciens qui montaient pour la plupart dans le sillage des Cheb Mami et autres princes du raï des années 90. Eux avaient avait élu domicile à Barbès, un soir de concert au New Morning, dans ce quartier populaire et chamarré de la capitale. Sans jamais porter de réel flambeau politique, ils incarnaient joyeusement la richesse d’un brassage culturel mêlant des pays d’origine comme le Maroc, l’Algérie, le Portugal et la France. Leur ADN était la scène, à l’instar des grandes pointures rock et jazz et des formations traditionnelles dont ils tirent leurs influences.

 

Sans les femmes

Après une pause dans les années 2000, le Barbès Tour reprend donc la route, intégrant de nouveaux musiciens et des chœurs féminins, singularité de leur dernier album sorti en mars 2014, « Dame de coeur ». Dommage, l’étape brestoise ne permet pas d’accueillir ces femmes et de découvrir les duos de ce nouveau répertoire qui semble beaucoup plus normé.

Sur scène, la famille ONB se chiffre néanmoins à onze hommes, dont trois nouveaux musiciens qui semblent raviver l’énergie de l’ensemble : le batteur Mamoun Dehane, le saxophoniste Cédric Ricard et un zébulon au chant et à la trompette Basile Theoleyre. À renfort de cuivres, de claviers et d’accordéon, le récital s’apparente par moments à un bal populaire où l’on danse une valse à trois temps ; où l’on chante en français des accents de slam et où l’on décolle avec complicité sur une reprise d’un standard du rock, Sympathy for the Devil des Stones.

Certes, l’Orchestre National de Barbès s’amuse à décloisonner les genres et poursuit son œuvre de fusion assimilant le ska cuivré et le reggae à son groove métissé. Mais c’est aux crépitements de ses précieuses derboukas et aux accords de guembri qu’on vibrera toujours le plus dans la salle. Par fidélité à ce vieux musicien Gnawa, mascotte des premiers albums, qui a fait l’ONB.

About the Author

Journaliste freelance, Marguerite écrit dans le Poulailler par envie de prolonger les émotions d’un spectacle, d’un concert, d’une expo ou de ses rencontres avec les artistes. Elle aime observer les aventures de la création et recueillir les confidences de ceux qui les portent avec engagement. Le spectacle vivant est un des derniers endroits où l’on partage une expérience collective.

One Comment

  1. Maryland / 2 mai 2016 at 23 h 19 /Répondre

    Stan & Terry, So sorry to hear about Gussie. May God give you all the comfort you will need in the days ahead. I remember so many years ago when I use to go to their house and see her. She was always so nice to me. Sorry we could ot get by the funeral home to see all of you. Our thoughts & prayers are with each of yoL.uove,Luther & Debbie Starkey

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