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Rencontre avec Martin Saccardy, trompettiste d’Ibrahim Maalouf, en sortie de scène. La formation termine la première partie de son concert, laissant un public déchaîné et conquis.

LB : Comment avez-vous rencontré Ibrahim Maalouf ?

MS : On s’est rencontrés il y a plus de dix ans ; il jouait avec Vincent Delerm et moi avec Bénabar. J’avais beaucoup aimé son travail sur un album de Lhasa, une chanteuse québécoise. J’étais allé le voir et on a sympathisé – on est restés amis. L’année dernière, il m’a appelé pour faire ce projet – Illusions?.

LB : Comment se passe votre collaboration?
MS : J’ai travaillé sur le dernier album, celui de cette tournée (ndlr : l’album Illusions). L’année dernière, on était en résidence à La Rochelle pendant quatre jours, au mois de juin. En août, on est partis directement en tournée – on a commencé au Brésil – puis on a enregistré l’album au mois d’octobre. Ça s’est fait très vite : comme Ibrahim avait tout en tête et qu’on jouait déjà les morceaux sur scène, il y avait moins de recherche, et tout était plus simple. Pour les trois trompettes (celles de Youenn Le Cam, de Yann Martin et la mienne) qui accompagnent Ibrahim, nous avons eu besoin de deux jours. Pour la rythmique, je crois qu’ils ont mis quatre jours.

LB : Quelle liberté artistique as-tu au sein du projet ?
MS : C’est assez exigeant, le degré de liberté est mince en ce qui nous concerne. Tout est très écrit, parce qu’Ibrahim sait exactement ce qu’il veut. Les quelques questions-réponses sur un morceau sont un peu moins cadrées, mais on le suit quand même là où il va. Même si dans ce cas-là rien n’est écrit, nous sommes quand même tenus de répéter ce qu’il dit. La formation de trois trompettes derrière lui est assez originale, je crois même que ça n’a jamais été fait : on a plus l’habitude de voir une section de cuivres, sax-trompette ou sax-trompettes-trombone. Nous sommes assez proches d’une tradition de musique arabe dans laquelle un musicien fait une question et tout le monde répond.

LB : Vous revenez de Belgique, où vous avez joué hier…
MS : Oui, on a joué tard, on s’est couchés à trois heures du matin au Luxembourg et on est repartis à six heures du matin !

LB : … et ensuite vous repartez au Liban pour finir la tournée.
MS : On y termine la tournée d’été et on reprendra en octobre-novembre-décembre (ndlr : le 15 octobre 2014 à Brest, au Quartz)

LB : Comment s’est déroulée cette tournée ?
MS : Très bien ! Il y a du monde, c’est quasiment complet partout. C’est agréable de voir un public qui réagit positivement quand tu viens proposer un projet comme celui-là. De plus, les conditions sont bonnes, le groupe s’entend bien, c’est agréable de tourner dans cet esprit.

Ce soir, vous jouez au Bout du Monde, comment se passe la rencontre avec le public des festivals?
C‘est très variable. Parfois, c’est rapide, on joue et on repart tout de suite parce qu’on est prévus ailleurs ; dans ce cas-là, on ne croise pas trop les gens, on n’a pas le temps de prendre la température – chose que je n’aime pas trop. Au Bout du Monde, je suis presque chez moi ! J’habite dans le coin, donc pas mal de mes amis sont là, de la famille aussi.
Et le public de festival n’est pas forcément acquis.
Ah oui, il faut batailler, le public peut circuler et passer son chemin si la musique ne plaît pas. Ou alors ils font du bruit ! Je trouve ça très sain comme système, parce que tu n’imposes rien aux gens.

LB : Qu’est-ce que tu as comme projet pour la suite ?
MS : Ibrahim a en tête un projet sans trompettes, je ne serai donc pas concerné ! L’année d’après, qui sait… Il a toujours plein de choses en tête, c’est un hyperactif de la musique ! Quant à moi, je repars avec Bénabar en tournée l’année prochaine. J’ai la chance de pouvoir enchaîner le disque, qui sort au mois d’août, et la tournée qui suit.

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